Discussion avec Laurence notre "mamie" chez Spin Elite

Vendredi 8 mars 2019 : Journée Internationale de la femme et de la lutte de ses droits. En tant que femme je ne suis pas très fan du concept et trouve ça « dommage » qu’il y ait besoin d’une journée particulière pour cela mais là n’est pas le débat et profitons-en aujourd’hui pour mettre en lumière l’une de nos stakées : la passionnée Laurence. Car oui, chez Spin Elite les femmes sont présentes et ne comptent pas pour des prunes (Merci Lio pour ce chef d’oeuvre). Après l’avoir eue au téléphone et l’avoir ecoutée, j’ai vraiment eu envie de vous parler d’elle et de vous la faire découvrir. Nous avons également discuté de la place des femmes dans le poker, milieu composé à plus de 90% d’hommes. Alors oui, le sujet a été maintes et maintes fois abordé mais voyons le de son (notre) point de vue. Oui oui, j’en profiterai pour mettre mon grain de sel car dans une 2ème vie j’ai été (et suis toujours) joueuse de poker. Et oui tu ne sais pas encore tout.

Qui est-elle?

Laurence, stakée SNG low stakes actuellement chez Spin Elite, a un parcours pokeristique des plus atypique. Cette ancienne chef d’entreprise aujourd’hui dans la fleur de l’âge (surnommée « mamie ») a décidé de changer de vie il y a quelques mois. Le poker est entré dans sa vie, par hasard, il y a un peu plus d’une dizaine d’années. Elle a d’abord commencé à jouer avec son homme alors qu’elle ne savait pas pas plus que cela les règles. Elle se souvient de lui avoir demandé lors d’un coup à ses débuts si la flush est supérieure au full. A l’époque des tournois online sur le .com avec plus de 7000 joueurs elle a bien conscience qu’elle faisait partie des fishs de la table mais elle a toujours pris beaucoup de plaisir à jouer. Comme tout dans sa vie, elle fait les choses passionnément et à fond. Alors, en plus de son métier déjà très prenant, elle décide d’apprendre à jouer. D’abord dans des clubs de poker amateurs pour voir le « live » puis à l’Ecole Française de Poker. Elle ne gagne pas, n’espère pas même en vivre mais gère bien son argent et surtout le poker lui fait du bien, la sortant de son travail. Comme beaucoup de passionnés elle va à Vegas tous les ans pour jouer en live.

L’heure du changement

Arrive donc l’année dernière où un problème de santé lui fait réaliser à quel point la vie est courte. On ne sait jamais de quoi demain est fait, on a qu’une vie et il faut en profiter. Alors changeons tout et tentons sérieusement l’aventure du poker. Advienne que pourra, ni remords ni regrets! Et quel courage de faire cela car à l’instar de la majeure partie des gens qui quittent leur travail en gagnant déjà leur vie au poker, elle remet les compteurs à 0 sans pour autant déjà gagner. A cette époque elle ne joue qu’en MTT et un énième bad beat plus violent et injuste que les autres lui fait reconsidérer les choses. Elle sait que l’un de ses points faibles est le mental. Quoi de mieux que de travailler ce coté là avec les SNG Jackpot? Ce format lui plait beaucoup et elle prend un coach pour évoluer davantage. Après quelques temps, elle entend parler de Spin Elite et tente sa chance. Nous sommes fin 2018 et la voilà partie dans l’aventure. Elle y cherchait un coaching intéressant bien sûr, une progression mais avant tout d’être entourée, une entraide, une famille.

Et les femmes dans le poker alors?

Ayant évolué dans un milieu d’hommes durant sa carrière pro, arriver dans le poker en tant que femme ne l’a pas dérangée. Par contre, nous sommes toutes les deux d’accord sur le fait qu’il y a toujours des préjugés et des étiquettes. La concernant c’est « Ah tiens une femme, en plus d’un certain âge à table, on va bien pouvoir lui marcher dessus » Alors evidemment on ne lui dit pas mais elle ressent les regards, les attitudes. Me concernant ça n’était pas mieux. Je suis arrivée dans le milieu du poker il y a plusieurs années un peu par hasard, sponsorisée très vite certainement grâce à mon « image », alors autant vous dire que je n’avais aucune crédibilité et qu’on n’hésitait pas à me le faire sentir. Je me souviens même d’un jour où quelqu’un m’a lâché « Mais toi tu sais pas jouer. De toutes façons t’es là parce que t’as couché non ?». Classe Mr le macho. J’en ai eu à la pelle aussi des « Si je fold, on va boire un verre ?». Euh tu demanderais la même chose au petit grinder allemand en bout de table? Au tout début, Laurence m’avoue qu’elle subissait. Elle était trop faible techniquement et du coup se faisait marcher dessus. Et je la rejoins totalement la dessus. Puis en progressant, en travaillant son jeu et en prenant confiance et conscience de ses capacités, on se rend compte que cet inconvénient d’être une femme peut vite devenir un avantage. On peut décider de renvoyer l’image que l’on veut, de passer pour un fish ou non, pour la tight, la scare, la tout ce que vous voulez. « Non mais elle va jamais me bluff elle, elle va pas oser. » « Ouais ben là elle a toujours les nuts hein ». On peut vous dire que la meilleure façon de mettre en tilt un homme à table c’est de lui montrer LE bluff. A lui déjà, mais également à toute la table. Alors là c’est fini. L’ego masculin va parler « Ohlallala cette honte, elle t’a bluffé ». Evidemment quand je parle des femmes je parle de celles qui ne sont pas médiatisées et que le commun des mortels ne connait pas. Ce qui est marrant c’est que même quand tu es dans le poker depuis longtemps, que tu as travaillé ton jeu etc la plupart des grinders continuent à croire que tu ne fais pas parti de leur monde, que tu restes en dessous. Que « non c’est pas possible c’est pas elle qui a joué ce spot si ev+ ». Il faut faire tes preuves plus que les autres, limite se justifier genre « Mais si regarde ma courbe comme elle est belle ». Le nombre de fois où l’on m’a souri ou levé les yeux au ciel quand j’ai dit que je jouais toujours au poker et principalement en variantes comme le 8 games ou PLO. Ce regard qui veut dire « oh elle est mignonne elle a l’air contente ».
Pour ce qui est du online, évidemment tout est remis à égalité vu que l’on ne vous voit pas. C’est sans doute pour ça que la proportion de femmes a jouer online (et aussi en highstakes) est supérieure à celle du live. Laurence, qui avait un pseudo féminin, a décidé d’en changer car elle sentait que les joueurs se faisaient un point d’honneur à la play back avec des 3bet/4bet bluffs par ci par là. Avec son changement de pseudo « neutre » les attitudes ont changé. D’où l’utilité pour certains de choisir le « genre » de leur pseudo online et d’en jouer.

Tout ça nous fait dire qu’il existe toujours on le sait une sorte de sexisme vis à vis des femmes dans le poker et toujours beaucoup de préjugés. Cela tend à évoluer et les mentalités ont déjà pas mal changé mais il reste du boulot. Certaines femmes le prendront comme un inconvénient, et d’autres en joueront et y trouveront de nombreux avantages.

Le bilan pour Laurence aujourd’hui c’est qu’il y a des jours plus faciles que les autres, de la stagnation et des doutes. Elle n’ose pas forcément dire autour d’elle qu’elle a tout lâché pour être « pro » de poker. Mais elle continue de faire les choses et d’évoluer avec passion et envie. Surtout, elle se rend compte de la chance qu’elle a de faire ce qu’elle aime, ce qu’elle a choisi et qu’il va falloir compter sur elle. Qui a dit que les femmes n’avaient pas de « cojones »?

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Ajoutée le 23/11/2018

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